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NRJ Régions : La CGT ne signera pas d’accord sur les dérogations aux congés en l’état

C’est une fin de non recevoir de la Direction qu’a reçu la délégation CGT a ses demandes ce mardi.

La délégation CGT a âprement négocié un texte mis sur la table par la Direction de NRJ Group -texte parfois plus défavorable aux salariés que ce que prévoient les ordonnances- afin de limiter et de hiérarchiser au maximum l’impact pour les salariés, qui pour nous, ne doivent pas payer les conséquences d’une crise sanitaire, tout en essayant d’accompagner l’entreprise dans un redémarrage.

Quels sont les points de blocage ?

Si nous avons réussi à limiter l’impact des ordonnances gouvernementales sur les salariés de l’ UES Régions, quatre points bloquaient pour que nous puissions envisager une signature.

Le premier est que la Direction de NRJ Group a introduit dans ses demandes une renonciation aux jours de fractionnement dans les cas où elle serait amenée à fractionner les congés 2020-2021. Cette disposition n’existe pas dans les Ordonnances qui ne prévoient que 5 jours ouvrés maximum dans la négociation. L’air de rien, NRJ Group s’arrange donc pour que ce ne soit pas 5 mais jusqu’à 7 jours de congés qui soient cédés par les salariés de l’UES Régions. La Direction nous a répondu ce soir que “l’engagement de privilégier dans l’ordre les CP 2019 et les « RTT » ou jours de repos des salariés au forfait jours limitent de fait très largement ce risque” . Même si nous avons obtenu que cet accord, s’il était viable, n’ait une durée limitée au 30 septembre 2020, il n’en demeure pas moins que c’est une première brèche dans le rempart que la CGT avait dressé pour protéger les jours de fractionnement dans l’entreprise.

Le deuxième point de blocage repose sur la justification du recours à ces mesures sur les jours de congés. Chaque article des Ordonnances précisent en leur commencement : “Lorsque l’intérêt de l’entreprise le justifie eu égard aux difficultés économiques liées à la propagation du covid-19” et “Afin de faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19“. Le projet d’accord proposé par la Direction fait fi de ce préalable. Pour la Direction, le seul recours au chômage partiel et les mentions générales de préambule de l’accord se suffisent à eux-même pour justifier le recours aux dispositions dérogatoires sur les congés. Pour la CGT, le salarié doit pouvoir se voir justifier que les congés posés de manière unilatérale par l’employeur permet à ce dernier de “faire face aux conséquences économiques, financières et sociales de la propagation du covid-19“. En effet, en quoi la pose forcée de jours de congés pour un salarié animateur, journaliste ou commercial va t il résoudre une “difficulté économique”?

Le troisième point de blocage est basé sur la rédaction elle-même de l’accord qui laisse, ici ou là, trainer des ambiguïtés sur les engagements de l’entreprise. Nous avons demandé à ce qu’il soit clairement inséré une phrase précisant que cet accord remplace toutes dispositions permettant à l’employeur de poser des jours de repos imposés sans accord du salarié dans le cadre du COVID 19 … Ou toute formulation écrite en ce sens… La Direction a refusé.

Enfin suite aux déclarations du Président de la République lundi soir qui annonçait un début de déconfinement à partir du 11 Mai, une date bien plus proche que dans les premières projections, nous estimons que cela permettait aux salariés de poser leurs soldes de congés en mai pour permettre une reprise progressive (tous les commerces ne rouvrant pas immédiatement en mai) puis de reprendre une activité plus “traditionnelle”. Se posait donc pour nous la question même de l’utilité de la conclusion d’un tel accord compte tenu de cette annonce. La Direction a répondu que “Le seul fait d’avoir d’ores et déjà placé des collaborateurs en activité partielle justifie le recours à l’imposition des CP et des RTT tel que précisé dans le texte de l’accord afin de limiter les demandes de contributions qui seront faites à l’administration. La date de sortie de confinement prévisible annoncée par le Président n’a donc pas d’autre conséquences que de savoir la date a minima de sortie de confinement.” La Direction estime donc que, peu importe un redémarrage de l’activité, les salariés doivent se voir imposer des congés pour limiter le recours à l’activité partielle. Cette réponse n’est pas responsable; La Direction se borne à appliquer à une doctrine patronale qui se veut opportuniste dans la réduction des droits des salariés.

Nous avons limité les dégâts aux maximum et dans la limite des ordonnances, mais ces refus et ces incohérences nous ont convaincu qu’il n’était pas possible de signer un accord qui porte encore trop préjudice aux salariés en de nombreux points en l’état, négocié en deux réunions chrono.

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Administrateur du site CGT NRJ et délégué syndical CGT NRJ GROUP UES REGIONS

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